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Plan santé L’AdCF souscrit à l’approche territoriale de la ministre Agnès Buzyn

Jean-Luc Rigaut a fait part de l’adhésion de l’AdCF aux principaux objectifs du Plan santé présenté le 18 septembre par le Président de la République puis par la ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn. L’approche très territorialisée du Plan Santé 2022 répond à de fortes attentes de l’AdCF. Retrouvez les grandes orientations du Plan et le communiqué de l’association.

Présenté par le Président de la République à l’Elysée le 18 septembre avant d’être détaillé par Agnès Buzyn lors d’une conférence de presse, le Plan santé 2022 part d’un diagnostic implacable sur l’épuisement de notre système de santé, les difficultés croissantes d’accès aux soins, l’excessif cloisonnement ou isolement des professionnels, la dérive des charges administratives et des « courses à l’activité ». A partir d’une large concertation nationale et décentralisée des acteurs, pilotée à travers cinq chantiers (dont l’un consacré à l’organisation territoriale), le gouvernement propose trois engagements prioritaires :

  • Placer le patient au cœur du système (avec qualité de la prise en charge),
  • Organiser l’articulation entre médecine de ville, médico-social et hôpital pour mieux répondre aux besoins de soins de proximité,
  • Repenser les métiers et la formation des professionnels de santé.

Tout en mobilisant un petit surplus de moyens budgétaires à brève échéance, le plan vise à faire mieux en termes d’efficience de notre système de santé et de qualité d’offre tout en maîtrisant une dépense déjà volumineuse. Le parti pris repose sur une volonté de poursuivre le décloisonnement des professionnels et des structures, en accentuant la montée en puissance des communautés professionnelles territoriales de santé (objectif de 1000 à l’horizon 2022) et en aménageant une offre de soins mieux graduée entre des hôpitaux de proximité, les hôpitaux plus spécialisés et les soins de recours et de référence. La gradation des soins et l’organisation des complémentarités entre ces différents types d’établissements sera repensée, de même que la réforme du régime des autorisations des activités de soins. Le plan évoque également la modernisation programmée du mode de fonctionnement des CHU, nés il y a 60 ans, à partir des conclusions de la mission « CHU de demain ».

De manière transversale, le plan insiste fortement sur un exercice collectif de la médecine et souhaite libérer le corps médical des tâches administratives ou périphériques à ses cœurs de métier. Un soutien financier sera fait au développement des assistants médicaux. La pratique infirmière avancée va être encouragée. Les interventions de la ministre comme le dossier de présentation du Plan mettent l’accent sur la transformation de la pratique médicale et des motivations des professionnels, moins en demande d’un exercice libéral et individuel de la médecine qu’autrefois. Le développement des maisons de santé et des centres de santé, l’essor d’équipes salariées… sont dans la logique du Plan.

Le but est de créer également un espace numérique pour chaque Français pour lui garantir l’accès à un médecin de proximité dans la journée et à un médecin traitant. La prise de rendez-vous, l’accès à l’ensemble des prescription, l’échange avec les équipes de soins… devraient être rendus possibles sur cet espace sécurisé.

Le gouvernement a surtout annoncé la volonté de supprimer le numerus clausus et de repenser en profondeur les études médicales, dont l’extrême sélectivité actuelle n’est aucunement la garantie de résultats futurs en termes de qualités professionnelles.

 

La réaction officielle de l’AdCF au Plan santé

L’Assemblée des communautés de France (AdCF) a pris connaissance, avec le plus grand intérêt, du plan Santé présenté le 18 septembre par le Président de la République à l’Elysée puis par la ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn.

A l’issue de la réunion à l’Elysée à laquelle il a pris part, le président de l’AdCF, Jean-Luc Rigaut, a salué la volonté de prendre en compte les réalités territoriales et les bassins de vie, en tournant la page des restructurations drastiques et concentrations de l’offre de soins des dernières années.  L’AdCF espère que cette orientation nouvelle sera bien entendue des agences régionales de santé (ARS) et permettra de relancer la dynamique des contrats locaux de santé (CLS) avec les territoires.

« La volonté de s’appuyer sur les communautés territoriales de professionnels de santé, en valorisant les coopérations et les solidarités, ne peut que séduire les représentants des intercommunalités que nous sommes. Ce langage est le nôtre. Nos communautés de communes et d’agglomération ont même servi d’exemple » a-t-il expliqué à l’issue de la réunion.

L’AdCF a toujours plaidé pour le décloisonnement des professions de santé, les coopérations et complémentarités entre établissements, le renforcement des réseaux de soins organisés au cœur des bassins de vie, au plus près des besoins. Elle souscrit par conséquent pleinement à l’objectif d’organiser une offre de soins graduée et un exercice plus collectif de la médecine. Les mesures récentes prises pour favoriser la télémédecine doivent être saluées.

La réponse à la problématique de la « désertification médicale » reste un sujet de préoccupation majeur qui affecte aussi bien les espaces ruraux isolés que les quartiers urbains difficiles, voire les cœurs des grandes métropoles. La question de l’accessibilité se pose en termes de distance mais aussi de temps d’attente pour les rendez-vous, les horaires d’ouverture… Elle présuppose également d’optimiser le « temps médical disponible » par des politiques préventives, la lutte contre les « sur-prescriptions » et la concentration des médecins sur leurs cœurs de métier.

L’AdCF prend acte du choix du Président de la République et du gouvernement de ne pas procéder par des mesures contraignantes d’installation. Elle appelle néanmoins à une meilleure gestion de la démographie médicale à l’avenir qui doit tenir compte des besoins évolutifs de notre société (vieillissement, nouvelles pathologies, croissance des actes médicaux par personne…). Les politiques incitatives en matière d’installation et d’équilibre territorial de l’offre de soins devront être plus performantes. Des solutions innovantes doivent être proposées pour assurer des permanences de soins dans tous les territoires à travers des obligations de service public.

  Retrouver le plan "Ma santé 2022" avec l'ensemble des rapport et le dossier de presse sur le site du Ministère de la Santé et des Solidarités

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